Assemblée nationale : la crainte de la perte du pouvoir conduira Macky Sall aux pires ignominies

Seybani SOUGOU

Expert en gestion et en pilotage de projets de marchés publics. Juriste- Consultant, membre de la société civile
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On croit toujours avoir atteint le fond avec Macky SALL, dont l’indignité est sans limite.  Ce qui s’est passé le 12 septembre 2022 prouve que le pire est toujours possible avec ce personnage fantasque arrivé par effraction à la tête de la magistrature suprême, et dont l’incompétence notoire, les actes irréfléchis et totalement irrationnels conduisent le Sénégal tout droit au bord du précipice.

Personne ne peut cautionner ce qui s’est passé hier à l’assemblée nationale. Mais, il ne faut pas tourner autour du pot : pour avoir gravement failli aux obligations constitutionnelles liées à sa charge (depuis plus de 9 mois, le Sénégal n’a ni 1er ministre, ni gouvernement) Macky SALL, un irresponsable qui joue avec le feu et les institutions porte une responsabilité première et entière dans les évènements terribles du 12 septembre 2022.

De fait, le Sénégal a définitivement basculé dans le chaos institutionnel. Les scènes ubuesques de l’assemblée nationale en « état de siège », suite au déploiement démesuré et à l’irruption spectaculaire de dizaines de gendarmes pénétrant dans l’hémicycle qui ont fait le tour du monde ont fini de classer le Sénégal dans le rang des pires républiques bananières.

Depuis que le Sénégal a accédé à l’indépendance en 1960, jamais sa démocratie n’a autant été balafrée et salie. Pour la première fois, dans l’histoire politique de notre pays, l’élection d’un Président de l’assemblée s’est déroulée sous la supervision de gendarmes : un fait inédit. Devant ce spectacle, improbable, impensable et irréel, il ne manquait plus que le crépitement des baïonnettes.

Obnubilé par la conservation du pouvoir, foulant au pied les dispositions de la Constitution (un simple chiffon à sa disposition), Macky Sall a perverti les forces de l’ordre, corrompu certains hauts magistrats devenus des moutons de panurge, liquidé un à un toutes les institutions et créé les conditions d’un forcing permanent, dont il ne sortira pas indemne.

Esseulé, entouré d’un carré d’énergumènes jusqu’au-boutiste, Macky Sall enchaîne les crimes d’état, porte atteinte aux libertés individuelles et collectives et multiplie les coups de boutoir contre la Démocratie sénégalaise.

La crainte de la perte du pouvoir conduira le froussard au comportement enfantin, dont la traitrise fait partie intégrante de son ADN à toutes les dérives et aux pires ignominies. Ses ignobles calculs politiques malsains créent le chaos au Sénégal. .

Les leçons de l’histoire ne semblent toujours pas apprises. Ceux qui usent et abusent du peuple et violent ses droits élémentaires connaitront la fin tragique de Samuel DOE (Libéria), Moubarak (Egypte), Ben ALI (Tunisie), Blaise CAMPAORE (Burkina FASO), Ibrahima Boubacar KEITA (Mali) ou Alpha CONDE (Guinée).

Nul ne peut garantir que ce pouvoir qui sombre dans une folie totalitaire ira à son terme, car Macky Sall dont les « réserves de légitimité s’étiolent à la vitesse du vent » n’est pas à l’abri d’une « bourrasque » qui l’emportera.

Emil CIORAN disait et à juste titre « Les tyrans ont une grande connaissance des hommes. Ce ne sont pas des idiots. Ils savent exactement comment on manipule les peuples. Ils avancent jusqu’au bout, jusqu’au moment où tout s’écroule ».

C’est une des lois implacables de l’histoire : le peuple finit toujours par prendre le dessus sur les tyrans.

Que Macky SALL se le tienne pour dit : les sénégalais finiront, tôt ou tard, par avoir sa peau.

Seybani SOUGOU

E-mail :  sougouparis@yahoo.fr

Nota bene :

Nous ne participerons pas au concert d’indignation hypocrite d’une partie de la presse acquise à la cause du palais, qui joue les vierges effarouchées, et pourtant fait preuve d’un mutisme consternant lorsqu’il s’agit de dénoncer la faillite des institutions orchestrée, organisée et planifiée par Macky SALL.

Que fait la presse alors que le Sénégal est sans premier ministre et sans gouvernement depuis le 10 décembre 2021 ? Arrêtons cette tragique farce !

Toutes les violations de la Constitution, des lois et règlements de ce pays, passent comme lettre à la poste et sont passés sous silence par la presse du palais, plongée dans une profonde hibernation et qui, subitement depuis hier s’est réveillée pour relater le chaos à l’assemblée nationale.

N’inversons pas les rôles. Le 1er artisan du chaos, de l’effondrement des institutions et du népotisme, c’est Macky SALL.

Aminata TOURE l’a parfaitement compris. Pour une fois, il faut saluer le courage de cette femme dont je ne partage pas les idées mais qui a eu l’audace d’affirmer haut et fort que la dynastie FAYE-SALL a vampirisé l’Etat et toutes les institutions.

Voici un énorme scandale qui mérite débat et la une des journaux : le nouveau président-valet de l’assemblée nationale, choisi par la première dame et le beau frère du président. Une immixtion de la première dame qui aurait entraîné une crise institutionnelle majeure dans un Etat de droit digne de ce nom. Qui s’en offusque ? Qu’attend donc la presse?

Le 1er responsable du chaos institutionnel, c’est Macky SALL et personne d’autre. Cela fait 9 mois que le pays est bloqué faute de gouvernement (il faut arrêter cette hypocrisie teintée d’une indignation sélective).

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