Il y a deux ans que le peuple sénégalais a opté pour un changement politique radical, au prix de sacrifices humains, matériels et physiques inestimables. Il faut reconnaître au parti politique Pastef-les-Patriotes un rôle déterminant de locomotive pour ce changement. En dépit d’une arrivée relativement récente dans le landerneau politique (une dizaine d’années), Pastef a surpassé et poussé à la retraite les partis historiques qui ont dominé la scène politique sénégalaise depuis une cinquantaine d’années. Pastef a marginalisé plusieurs organisations de la même génération qui ont manqué de vision et de leadership.
Cela dit, il faut aussi affirmer que ce qui est arrivé le 24 mars 2024 est, par-dessus tout, un jalon de plus dans la quête incessante de mieux-être du peuple sénégalais tout entier. Un jalon est une étape et non une station. Les luttes politiques et syndicales qui ont jalonné l’histoire politique du Sénégal, avant et après l’indépendance, font partie intégrante de la chaîne d’événements qui ont rendu possible la naissance et la maturation de Pastef-les-Patriotes.
Dès lors, il faut impérativement tirer les leçons, toutes les leçons de l’exercice du Pouvoir par les régimes précédents. Analyser les causes de la déliquescence progressive de pouvoirs que l’on croyait indéracinables. Commettre les mêmes erreurs produira les mêmes conséquences… Immanquablement !
Au demeurant, nous avions promis, par-dessus tout, de CHANGER… Notamment d’éviter l’arrogance, la morgue des parvenus, le gaspillage, le culte du paraître et des artifices… Nous avions promis de changer de mode de gouvernance tant dans la forme que, surtout, dans le fond !
À la vérité, notre Nation est en quête impérieuse d’une profonde et nouvelle inspiration ! Il convient alors de garder constamment à l’esprit, et surtout au cœur, toutes les causes et les effets qui ont conduit le peuple à retirer le mandat à nos prédécesseurs pour nous le confier.
Le changement ne saurait se réduire à des incantations oratoires, ni à des changements de personnes et de postes. Le changement doit s’incarner dans nos comportements, c’est-à-dire nos propos et nos actions, à tous les niveaux. Le changement attendu par le peuple doit être concrètement perceptible dans la vie de tous les jours par tous et partout.
À titre d’exemple, la lutte contre la corruption ne se réduit pas à l’emprisonnement de ceux qui s’en seraient rendus coupables dans le régime sortant. Même si cette étape est incontournable ! La lutte contre la corruption et ses avatars sera gagnée lorsque plus UN seul agent du service public n’osera s’y adonner, sous notre régime et sous tous les régimes à venir. Sous ce rapport-là, nous sommes très loin du compte ! Il suffit juste d’ouvrir les yeux… et de tendre les oreilles !
Les frustrations, au quotidien, des usagers des différents services de proximité de l’État sont les indicateurs les plus tangibles du niveau de changement, ou pas, des pratiques antérieures. Nos concitoyens se plaignent constamment des rackets dont ils font l’objet pour des services qui relèvent de leur droit ! Un comble dans un pays de droit ! Deux ans après l’accession au pouvoir, nous ne pouvons plus justifier cet état de fait par l’incurie de nos prédécesseurs… Par l’exemple, par la sanction effective et rigoureuse des auteurs d’actes de corruption, de concussion et de détournements de deniers publics, notre régime doit faire la preuve de sa détermination à rendre irréversible le retour de l’éthique et de la redevabilité.
J’insiste particulièrement sur le point de la corruption parce que je considère que sans son éradication, RIEN ne peut se construire et que tout s’affaisse…
Deux ans après, l’heure de jeter un coup d’œil au rétroviseur s’impose. Nous sommes presque à mi-mandat. C’est le temps de l’évaluation et, éventuellement, de la rectification. Pour corriger les erreurs, consolider les acquis et mettre un coup d’accélération aux lenteurs, il est urgent de se retrousser les manches. Chaque acteur du changement doit s’auto-évaluer et aussi accepter les observations et critiques constructives. Le parti majoritaire à l’Assemblée nationale doit faire son introspection et mesurer les performances des représentants du peuple à l’hémicycle. Loin d’une sinécure, la représentation parlementaire doit être un sacerdoce. Nous avions combattu les « Chambres d’applaudissements et d’enregistrement ainsi que la tyrannie des majorités mécaniques… » Souvenons-nous !
La « diminution du train de vie de l’État », slogan culte de tous les hommes politiques dans l’opposition, est-elle devenue une réalité comportementale assumée à tous les niveaux des services publics ? La question s’impose, au vu de certaines images largement disponibles sur les réseaux sociaux. Le silence n’est plus une option.
Dans ce contexte, et à force de ne pas prendre le taureau par les cornes, la gestion des crises s’impose à nous : la situation sur le campus universitaire et les dégâts collatéraux d’un impératif de maintien de l’ordre nous attristent et nous torturent la mémoire ! Les questions se multiplient, les réponses tardent… Nous l’avons, tant de fois, reproché aux différents régimes qui se sont succédé à la tête du Sénégal, que le silence serait inconvenant. L’heure est au courage de reconnaître les erreurs, de situer les responsabilités et de ne couvrir aucun excès de zèle. Rupture !
Et enfin mon vœu et mes prières…
Pour ceux de ma génération qui sont devenus malgré eux des sexagénaires, il n’est plus question de plans de carrière ni d’ambitions démesurées. Le temps biologique commande la lucidité et surtout la rationalité dans les perspectives. Et c’est pour cela que nous devons jeter nos dernières forces dans la préservation de l’enthousiasme et de l’énergie investis par le Peuple sénégalais depuis une dizaine d’années pour exiger et obtenir une nouvelle alternance, pour ouvrir la voie à une vraie alternative à la lassitude et au chaos.
Cette alternative repose essentiellement sur la réussite du mandat du Chef de l’État élu contre toute attente : Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Le scénario-surprise qui a mis moins d’un mois pour se mettre en place a été, pour le moins, déroutant. Mais la Nation sénégalaise, profondément croyante, a vite compris et accepté que le Décret Divin est le sceau imparable des destins.
Ousmane Sonko, leader, inspirateur, résistant et combattant pour une Révolution qui va au-delà des frontières du pays pour embrasser le Continent, a fait preuve d’un courage et d’une résilience qui forcent le respect. Il peut et doit identifier son rôle et sa place dans l’Histoire dans la nouvelle configuration du Pouvoir sorti des urnes. Je suis de ceux qui comprennent la complexité de l’exercice dans le contexte de notre système politique et social actuel. Se méfier des flatteurs est le premier vaccin contre l’ivresse du Pouvoir et ses conséquences.
Mais je crois en la capacité de dépassement du tandem béni de Dieu et en leur capacité de nous faire rêver ! Le plus dur est déjà fait et de quelle manière ! La force d’un tandem réside dans la capacité de ceux qui l’enfourchent de regarder dans la même direction et de pédaler au même rythme. Tout empressement de l’un ou de l’autre se fait au détriment de l’un et de l’autre. Notre pays a besoin d’une pédagogie du tandem : sa force c’est la solidarité absolue.
En ces moments de tensions multiples et de défis hors normes, le tandem Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko consacré par un Décret Divin — c’est mon intime conviction — doit prendre la pleine mesure de sa mission au service du peuple sénégalais dans cette séquence historique sensible. Toute stratégie personnelle doit être bannie. Tel est mon vœu profond….
Ma prière : Qu’Allah couvre de Sa Miséricorde Infinie le jeune Abdoulaye BA et insuffle à ses parents, sa famille, ses amis et promotionnaires, la sérénité de la Foi et la certitude de le retrouver, un jour, au Paradis…
Qu’Allah protège notre si beau pays des vents contraires et le pousse vers le Progrès dans la Paix et la Concorde !
La graine de foi en l’avenir, semée par le Peuple sénégalais en mars 2024, ne doit pas mourir. Nos enfants en attendent un arbre robuste qui produira les fruits de la Renaissance…
Aamiine !
Baaba



































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