Processus génocidaire du peuple palestinien: nouvelle étape et nouveaux fronts

Scandre HACHEM

Fin observateur de l’actualité nationale et internationale tout en gardant ses idéaux de jeunesse, Scandre HACHEM fut Directeur de bibliothèques en France. Ses activités politiques au sein de différentes organisations lui ont donné une expérience qui en fait pâlir plus d’un. Resté éloigné du pays pendant 40 ans, il retrouve sa terre natale après sa retraite en 2014.

L’État d’Israël et les suprématistes états-uniens, en complicité active, ont mis en scène une prétendue participation d’employés de l’UNRWA des Nations Unies à l’attaque du 7 octobre. De plus, ce serait au titre de membres du Hamas que ces derniers auraient agi.

Cette mise en scène, genre dont ils usent et abusent depuis des décennies, a pour objectif officiel de servir de prétexte à la suspension de la contribution des États-Unis et de leurs vassaux les plus proches au budget de celle-ci. Ainsi, privée d’une part essentielle de son budget, elle sera dans l’incapacité de fournir l’aide humanitaire nécessaires à l’ensemble des réfugiés palestiniens et en particulier de la population de Gaza menacée, à un degré d’urgence paroxystique, de famine, d’épidémies et des conséquences provoquées par les pénuries sanitaires les plus élémentaires pour les enfants, les femmes enceintes et les blessés.

Cette mise en scène a d’autres objectifs en plus, non avoués pour le moment :

  • dédouaner à terme L’État d’Israël pour la non application de l’une des mesures phares décidées par la Cour Internationale de Justice puisqu’elle serait non de son fait mais de l’incapacité de L’UNRWA, organisme de l’ONU, d’honorer l’octroi de l’aide humanitaire destinée à assurer la préservation de la population de Gaza en situation d’urgence absolue.
  • s’insurger contre l’arrêt rendu par la Cour de Justice Internationale par un moyen
  • détourné de rétorsion rendant caduque l’une des mesures définies par l’arrêt d’urgence qu’elle vient de rendre suite à la plainte de l’Afrique du Sud contre l’État d’Israël.
  • intimider cette même Cour qui, à moins qu’une partie substantielle de ses membres n’envoient rapidement des signaux et/ou des engagements précis pour se contenir et se détourner de leur probité en donnant des gages de soumission après leur « égarement ». Qu’à défaut, cette mise en scène sera suivie de nouvelles mesures de harcèlement, personnalisées si nécessaires.

Il est absolument nécessaire en conséquence d’accentuer les efforts pour élargir la mobilisation des opinions publiques dans tous les pays ainsi que le cercle des États qui soutiennent la démarche de l’Afrique du Sud afin de contenir et enrayer les menaces et tentatives de prédation de toutes sortes et de différents niveaux (provocations, menaces, chantage, mesures de rétorsion, sabotages, corruptions, …) que les suprémacistes états-uniens et israéliens n’auront de cesse de développer contre la Cour Internationale de Justice d’une part, et plus positivement de soutenir et conforter la volonté de la CIJ de prendre de la hauteur et de s’extraire des influences contraignantes que font peser les États-Unis et leurs vassaux pour orienter voire museler ses démarches et velléités d’indépendance d’autre part. Cela signifie lui donner les moyens de son action comme de ses décisions, et cela ne devrait pas relever des seuls États mais aussi d’initiatives et actions à l’échelle nationale et/ou internationale des citoyens de tous pays les pays membres de l’ONU.

Pour prendre l’exemple de l’aide humanitaire que les suprémacistes des États profonds colonialistes et/!ou impérialistes veulent enrayer en suspendant leurs contributions budgétaires réglementaires pour l’aide aux réfugiés palestiniens gérée par l’UNRWA, pourquoi certains États ne décideraient ‘ils pas de pourvoir au manque à gagner en attendant d’intenter des actions au sein des différentes instances de l’ONU, y compris une plainte auprès de la CIJ contre les États-Unis et ses vassaux pour les condamner de complicité aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crime de génocide, de les obliger aussi à honorer leurs contributions réglementaires ? Pourquoi ne pas mobiliser des chauffeurs, en particulier états-uniens et autres ressortissants de pays pratiquant le soutien inconditionnel, affiché ou non, aux méfaits de l’État d’Israël ? Pourquoi ne pas aller jusqu’à afficher de façon visible la nationalité de chaque chauffeur sur le camion transportant l’aide humanitaire pour la population de Gaza ainsi que cela est pratiqué pour la Croix-Rouge, les organismes humanitaires, la presse, ce qui serait une forme de pression directe puissante sur leurs gouvernements respectifs qui devront alors assumer que leur rejeton colonial sabote le passage des convois et la fourniture de l’aide humanitaire quand il ne va pas jusqu’à bombarder certains camions et assassiner délibérément leurs concitoyens ? Ces volontaires seraient aussi des témoins dans leurs pays respectifs de l’un des aspects de cette guerre génocidaire que les suprémacistes israéliens infligent au peuple palestinien en direct avec l’adhésion active de leurs compères occidentaux.

La torture aux commandes de la guerre des suprémacistes

La mise en scène mise en œuvre et donnant prétexte à une insurrection contre la Cour Internationale de Justice nous dit un autre axe fondamental de la guerre globale entreprise par les suprémacistes pour le maintien de leur hégémonie.

Du fait d’une mise en cause d’une dizaine d’employés d’un organisme créé ad hoc en 1949 pour se charger de la survie sociale de millions de réfugiés palestiniens issus du partage de la Palestine en 1947 et donc de la responsabilité directe des Nations Unies, les suprémacistes, d’une part mettent en cause la probité d’un organisme qui existe

depuis plus de sept décennies, emploie quelques trente mille personnes, d’autre part mettent en péril la survie humaine et sociale de ces millions de réfugiés dont l’ONU a la responsabilité, mais aussi l’État d’Israël à un autre niveau, la responsabilité directe avec la guerre de nettoyage ethnique menée par les organisations paramilitaires des mouvements sionistes dès cette décision de partage de la Palestine en deux États. Bloquer le fonctionnement de l’UNRWA pour une dizaine d’employés mis en cause relève exactement de la même logique qui consiste à massacrer des centaines et milliers de personnes, voire détruire leurs infrastructures essentielles pour se débarrasser d’un individu ou de quelques individus mis en cause. Cela relève de cette même logique que les mêmes suprémacistes israéliens pratiquent régulièrement et actuellement à Gaza.

Dans la même veine de l’horreur et de l’ignominie, rappelons que l’accusation des employés mis en cause relève d’aveux de prisonniers palestiniens arrêtés durant cette guerre génocidaire selon la version des dirigeants israéliens eux-mêmes. Quand on sait que l’État d’Israël pratique systématiquement la torture selon les ONG israéliennes des droits de l’homme, on peut difficilement penser que les accusations portées contre ces employés puissent être d’une autre origine que le fruit de la torture. Qu’est-ce que cela signifierait d’autre sinon que le produit de la pratique de la torture peut motiver la décision, officiellement et selon les suprémacistes occidentaux, les choix de politique internationale et ce, jusqu’à la guerre et à l’insurrection contre le droit international qu’ils ont eux-mêmes élaboré et institué ! La torture aux commandes de la guerre.

Quelle autre conclusion en tirer sinon que jamais au grand jamais ces suprémacistes, qui imposent leur volonté d’hégémonie depuis plus de deux millénaires portent celle-ci dans l’archéologie de leur cerveau comme dans leur personne intrinsèque, n’accepteront de s’asseoir à la même table et de traiter, d’égalité à égalité, basanés, nègres, jaunes, rouges et autres pouilleux. Tout au mieux, ils s’assoient et s’assoiront avec ceux qui portent le masque blanc et accepteront d’être leur cheval de Troie. « Peaux noires, masques blancs », ce concept défini par Franz Fanon dans son livre qui porte ce titre est encore toujours et plus que jamais d’actualité, et avec plus d’acuité.

En l’espace de quelques jours, c’est toute une machine de guerre à l’échelle mondiale que les suprémacistes états-uniens et israéliens viennent de mobiliser. D’une dizaine d’employés mis en cause par les services israéliens, nous sommes passés à 10% des employés de l’UNRWA par les services états-uniens, puis à leurs familles par la baguette enchanteresse de la presse mainstreaim et maintenant c’est l’ensemble de l’organisme humanitaire que de bonnes âmes appellent à additionner et, nouvelle étape, dont les suprémacistes israéliens qui en exigent depuis des décennies le démantèlement, demandent la tête de son secrétaire général en attendant. Nous assistons ainsi à une surenchère qui va crescendo pendant que les massacres à Gaza et en Cisjordanie continuent. Avec pour obsession centrale de consolider définitivement la soumission totale de la région proche et moyen-orientale au Maître israélien grâce à une réduction massive, voire définitive de la question palestinienne, embûche matricielle à la réalisation de ce funeste dessein.

Le 31/01/2024

Scandre HACHEM

scandre1@hotmail.com

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